1ère séance (2016-2017) : introductions et présentations

Chers tous,

C’est avec grand plaisir que nous vous convions à la séance de rentrée de l’Atelier de Recherche sur les Espaces Anglophones (AREA) : nous nous retrouverons le mardi 18 octobre à 18h en salle S002 (rez-de-chaussée) de la Maison de la Recherche (28 rue Serpente, 75006 Paris, Métro Odéon, Saint-Michel ou Cluny).

Comme vous le savez peut-être, cet atelier est l’occasion pour les doctorants en civilisation de présenter leurs recherches dans un cadre convivial et d’évoquer ensemble les différentes questions que pose l’écriture d’une thèse en études anglophones.

Cette séance de rentrée aura pour but de nous rencontrer ou nous retrouver et de discuter des attentes de chacun pour le groupe et du format que suivront les séances cette année. Il sera également question de réfléchir à un thème et à une date pour la journée d’études que nous aimerions organiser à la fin de l’année.

Nous espérons vous voir nombreux mardi et vous souhaitons une très bonne semaine !

L’équipe d’AREA

 

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3ème séance (2015-2016) : deux jeunes docteurs viennent nous parler de leurs recherches, de la soutenance et de l’après-thèse

Chers toutes et tous,

C’est avec plaisir que nous vous convions à la troisième séance 2015-2016 de notre Atelier de Recherche sur les Espaces Anglophones (AREA), qui aura lieu mardi 12 avril à 18h en salle 001 de la Maison de la Recherche (28 rue Serpente, 75006 Paris, Métro Odéon, Saint-Michel ou Cluny).

Nous sommes heureux d’accueillir deux jeunes docteurs, qui nous parleront de leurs recherches respectives :

– Lucie de Carvalho – « Has the ship really lost her captain? Les politiques électronucléaires britanniques de 1979 à 2015 : le rôle de l’État à l’épreuve des nouveaux modes de gouvernance », sous la direction d’Emmanuelle AVRIL (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)

– Bradley Smith – « La Dialectique du néolibéralisme aux États-Unis (1980-2008) », sous la direction de Martine Azuelos (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)

Cette séance sera également l’occasion d’évoquer avec eux les thèmes plus pratiques que sont la soutenance de thèse et l’après-thèse.

Ouvert à tous les doctorants, post-docs et étudiants de Master, de Paris IV ou d’ailleurs, américanistes comme britannicistes, AREA se veut un espace d’expression, d’échanges, de réflexion et de dialogue et a pour objectif de créer du lien tant social qu’intellectuel et culturel entre jeunes doctorants dans une perspective résolument transdisciplinaire.

Nous vous invitons à consulter cet article pour de plus amples informations sur le thème de l’année, Translation(s).

La discussion pourra se poursuivre, comme d’habitude, autour d’un verre !

Dans l’attente de vous rencontrer ou de vous retrouver, nous vous souhaitons une excellente semaine et espérons vous voir nombreux le mardi 12 avril.

L’équipe d’AREA

2ème séance (2015-2016) : transformation de la féminité des femmes autochtones, questions diverses et pot de Noël

Cherokee house in the 1800s (specific date unknown), Great Smoky Mountains, Tennessee and North Carolina. Courtesy of the National Park Service

Chères toutes, chers tous,

Alors que l’hiver s’installe doucement, c’est avec plaisir que nous vous convions à la deuxième séance 2015-2016 de l’Atelier de Recherche sur les Espaces Anglophones (AREA) qui se tiendra :

Le jeudi 17 décembre de 18h à 20h,
à la Maison de la Recherche en salle 002
(28 rue Serpente, 75006 Paris, Métro Odéon, Saint-Michel ou Cluny).

Comme d’habitude, la séance sera l’occasion de nous retrouver pour échanger autour des différentes questions que peut poser l’écriture de la thèse, dans un cadre convivial et décontracté. Nous écouterons par ailleurs Augustin Habran, doctorant en civilisation américaine à l’Université Paris-Diderot, dont l’intervention portera sur la transformation de la féminité des femmes autochtones dans le cadre du processus de « mimétisme volontaire » des Cinq Nations Civilisées au début du XIXème siècle.

Nous pourrons également aborder la question des activités complémentaires à l’écriture d’une thèse de doctorat que sont la participation à un colloque, à une manifestation scientifique, ou la publication d’articles. Nous évoquerons le repérage des appels à communication, les modalités de rédaction d’une proposition jusqu’au format des contributions, qu’elles soient écrites ou orales.

Ouvert à tous les doctorants, post-docs et étudiants de Master, de Paris IV ou d’ailleurs, américanistes comme britannicistes, AREA se veut un espace d’expression, d’échanges, de réflexion et de dialogue et a pour objectif de créer du lien tant social qu’intellectuel et culturel entre jeunes doctorants dans une perspective résolument transdisciplinaire.

Nous vous invitons à consulter le site d’AREA (https://areaparis4.wordpress.com/) pour de plus amples informations sur l’atelier ainsi que sur le thème de cette année, Translation(s). Vous y trouverez également le texte de cadrage ainsi que le descriptif des séances passées.

Last but not least, la séance sera suivie d’un potluck de Noël !

Dans l’attente de vous rencontrer ou de vous retrouver, nous vous souhaitons une excellente semaine et espérons vous voir nombreuses et nombreux, jeudi 17 décembre.

Le bureau d’AREA

Sarah Leboime, Auréliane Narvaez et Elizabeth Koechlin

Thème 2015-2016 : Translation(s) – Texte de cadrage

Thème 2015-2016 : Translation(s)

Dans sa pièce Translations (1980), le dramaturge irlandais Brian Friel appréhende le concept de translation et les processus de traduction, de déplacement, de transformations qui s’y rattachent comme autant de manières d’évoquer métaphoriquement l’identité et l’histoire irlandaises. Par le prisme de l’écriture théâtrale, Friel explore ainsi les ressorts et enjeux linguistiques, politiques, sociaux et culturels constamment bien qu’implicitement à l’œuvre dans le mouvement de la translation.

C’est précisément dans cette optique de déploiement des multiples acceptions du concept de translation que nous souhaitons orienter notre réflexion, en envisageant le thème de la translation comme prisme au travers duquel se font jour une multiplicité de problématiques propres au domaine des études en civilisation anglophone.

Terre incessamment foulée, traversée d’influences multiples et constamment renouvelées, espace géographique et politique façonné au gré des expansions territoriales et des trajectoires migratoires, mais aussi nation forgée dans l’évènement originel que constitue la rupture avec la monarchie britannique, les États-Unis sont un de ces pays dont l’histoire s’est écrite et continue de se décliner sur le mode de la translation.

Terme polysémique s’il en est, la translation suggère le mouvement, ou plus littéralement le transfert d’un lieu vers un autre, qu’il soit matériel ou symbolique. La translation évoque du reste le changement et le déplacement, qu’il s’agisse d’une traduction ou d’une transposition, d’un ajustement ou d’une adaptation à une situation nouvelle. De l’abolition de l’esclavage aux mouvements pour les droits civiques en passant par les 13ème, 14ème et 15ème amendements, de la revendication des droits des femmes et des travailleurs aux conquêtes sociales et politiques du 20ème siècle jusqu’à la reconnaissance au plan fédéral du mariage homosexuel récemment entérinée par la Cour Suprême, les mutations sociales, sociétales et politiques ont et continuent de modeler et de reconfigurer le visage et l’identité des États-Unis. De la progression des pionniers le long de la frontière au développement du chemin de fer en passant par l’essor exponentiel des dernières technologies et réseaux de communication depuis la fin du 20ème siècle, les hommes, les biens, les capitaux et les idées n’ont cessé de circuler, de s’échanger, de se transmettre, faisant ainsi des États-Unis un espace de flux et d’interactions en perpétuelles évolutions.

La notion de translation s’avère également particulièrement féconde au regard du domaine britannique. Si dans son acception littérale de traduction, la translation soulève également la problématique des langues régionales ou dialectes en Grande Bretagne qui telles le gaëlique ont pu souffrir d’une politique d’assimilation forcée et de destruction systématique au profit de l’anglais, notamment au 19ème siècle, la translation peut être aussi appréhendée comme un processus d’émancipation. On pense ici par exemple aux politiques en faveur d’un accroissement de la dévolution en Ecosse et plus largement à la question des revendications indépendantistes qui ont et continuent de secouer la Grande Bretagne et qui se sont et continuent de s’élever contre les ambitions souvent considérées hégémoniques de l’Angleterre face aux autres nations qui composent le Royaume-Uni. Le terme de translation sera également l’occasion de s’interroger sur un certain nombre de phénomènes de révolutions, de transitions ou de mutations, à l’instar des bouleversements qu’emporte la révolution industrielle en Grande-Bretagne, mais aussi des évolutions consécutives à sa transition vers une société post-industrielle, à sa conversion au secteur tertiaire, ainsi qu’au rôle et à la place du monde ouvrier dans la société, l’économie et la culture britannique.

La translation est également un terme-clé pour penser la discipline émergente des études transatlantiques, en cela qu’elle invite à réfléchir aux processus de transferts, de migration, d’importation et d’exportation, et plus largement à la question des flux entre l’Europe et les Etats-Unis.

Le thème retenu cette année par AREA nous amènera à réfléchir sur les acceptions variées de la notion de translation. Sans prétendre à l’exhaustivité, plusieurs pistes de réflexion pourront, être abordées parmi lesquelles :

Les translations spatiales : mouvements de populations, immigration, exils, déplacements, ancrages et déracinement, nativisme, explorations.

Les translations temporelles : évolutions historiques, diachronies, révolutions épistémologiques, circulation des idées

Les translations culturelles : revirements jurisprudentiels, contre-culture et marginalisation, évolutions constitutionnelles, mouvements centripètes de reconnaissance des minorités, mouvements centrifuges de marginalisation de certains groupes sociaux ou politiques

Les translations terminologiques : chrononymes, toponymes, concepts normatifs, stratégies de counter-interpellation des minorités.

Les translations historiographiques : révisionnisme, exceptionnalisme américain et filio-piétisme, Nouvelle Histoire et Histoire radicale

Les translations de l’histoire à la fiction

Nous espérons que ce thème vous inspirera et nourrira de riches discussions au cours de l’année !

1ère séance (2015-2016) : introduction et présentations

Chers amis doctorants,

Si la rentrée universitaire semble déjà bien loin pour certains, il est en revanche grand temps pour l’Atelier de Recherche en Etudes Anglophones (AREA) de reprendre ses activités !

Le séminaire de doctorants en civilisation américaine et britannique AREA débute sa deuxième année d’existence et c’est avec tout le plaisir et l’enthousiasme de son jeune âge que le bureau d’AREA vous convie à une première séance de rentrée :

Jeudi 5 novembre 2015
De 18h à 19h30
à la Maison de la Recherche (la salle sera précisée dans le hall d’entrée)
(28 rue Serpente, 75006 Paris – Métro St Michel, Odéon ou Cluny)

Ouvert à tous les doctorants et post-docs de Paris IV et d’ailleurs, américanistes comme britannicistes, jeunes pousses ou vieux routiers de la thèse, AREA se veut un espace d’expression, d’échanges, de réflexion et de dialogue à destination des doctorants civilisationnistes en études anglophones.

Cet atelier de recherche a pour objectif de créer du lien tant social qu’intellectuel et culturel entre jeunes doctorants ainsi que d’encourager la transdisciplinarité entre différents champs de recherche et objets d’études propres aux espaces du monde anglophone.

Chaque séance d’AREA sera l’occasion de présenter ses recherches dans un cadre convivial et bienveillant et d’évoquer ensemble les différentes questions que pose l’écriture d’une thèse en études anglophones ainsi que les aspects pratiques du doctorat (appels à contributions et communications, rédaction d’articles, soutenance de thèse, campagne d’ATER, etc.).

Notre séance de rentrée sera l’occasion d’apprendre à nous mieux connaître dans une ambiance détendue et informelle. Nous présenterons également le groupe et entamerons une discussion autour du thème retenu pour cette année 2015-2016 : Translation(s).

Que ce thème vous inspire, vous stimule ou vous intrigue tout simplement, nous serons heureuses de pouvoir vous rencontrer, partager nos idées et nos réflexions, et avant tout mieux vous connaître.

Nous vous présenterons jeudi un bref texte de cadrage sur la thématique choisie. Il a été conçu comme un point d’ancrage à partir duquel nous espérons faire dériver la discussion au gré des thématiques et problématiques que vos sujets de thèse seront amenés à faire surgir !

Dans l’attente de vous rencontrer ou de vous retrouver, nous vous souhaitons une excellente semaine et espérons vous voir nombreuses et nombreux, jeudi 5 novembre.

Le bureau d’AREA

Sarah Leboime, Auréliane Narvaez et Elisabeth Koechlin-Bertrand,

4ème séance (2014-2015) : Huntley and Palmers / Blacks Arts Movement

Image de gauche: logo de la biscuiterie anglaise Huntley and Palmers
Image de droite : Revolutionary, Wadsworth Jarrell, 1971

C’est avec grand plaisir que nous vous convions à la quatrième séance de l’Atelier de Recherche sur les Espaces Anglophones (AREA) : nous nous retrouverons ce mercredi 20 mai, de 18h à 20h en salle D 117 de la Maison de la Recherche (28 rue Serpente, 75006 Paris, Métro Odéon).

Au programme de cette séance, deux présentations seront proposées :

  • Claire Delen, Université Paris Sorbonne : Les relations employeurs/employés chez Huntley and Palmers : de la déférence à la dissidence?

Huntley and Palmers, magnats du biscuit à l’époque victorienne et au début du 20ème siècle, est une firme paternaliste, organisant la vie et les loisirs à l’usine, cette “ville dans la ville”, qui emploie jusqu’à un quart de la population de Reading.
Mais à l’orée du 20ème siècle, des voix dissidentes se font entendre, aidées par l’activité socialiste locale, et plus largement par le mouvement trade unioniste en Grande-Bretagne: des voix qui critiquent les excès du capitalisme pratiqué par la firme, et son attitude hostile envers les trade unions. Cette période de tensions va marquer une transition entre la déférence du siècle victorien et le dialogue social plus moderne instauré progressivement au 20ème siècle.

  • Sarah Leboime, Université Paris Sorbonne : Chicago et le Black Arts Movement : nationalisme et dissidence dans les rues du South Side (1967-1983)

Le Black Arts Movement reste relativement peu étudié dans l’historiographie du Black Liberation Movement. Si les analyses du mouvement national et de ses principaux leaders (on pense en priorité au poète Amiri Baraka) sont de plus en plus nombreuses, ses réalisations et ses représentants locaux sont encore largement omis. Chicago a pourtant été un centre majeur de l’effervescence artistique afro-américaine des années 60-70 et la dissidence des artistes noirs contre l’ordre politique et culturel établi y fut particulièrement virulente et productive. La création d’institutions noires indépendantes, le street art, les méthodes de diffusion de l’art, la mise en place de divers projets éducatifs et culturels autofinancés ou encore la production de messages nationalistes forts furent autant d’actes dissidents qui ont laissé leurs traces dans les rues de South Side.

À la fin de cette 4ème séance, la dernière de l’année, nous pourrons nous retrouver de manière plus informelle autour d’un verre au Boul’Mich’.

En espérant vous voir nombreux et nombreuses, nous avons hâte de vous rencontrer ou de vous retrouver mercredi !

3ème séance (2014-2015) : musées, photographie et dissidence

Les membres de l’Anacostia Historical Society devant le Carver Theater, qui servit de première maison à l’Anacostia Neighborhood Museum. 1967.

Mercredi prochain, le 18 février 2015, aura lieu la troisième séance de l’Atelier de Recherche sur les Espaces Anglophones (AREA) : nous nous retrouverons de 18h à 20h en salle D 224 de la Maison de la Recherche (28 rue Serpente, 75006 Paris, Métro Odéon).

Cet atelier est l’occasion de présenter ses recherches dans un cadre convivial et d’évoquer ensemble les différentes questions que pose l’écriture d’une thèse en études anglophones. Il est ouvert aux doctorants et post-docs de toutes les disciplines. Les étudiants de Master 2 sont également les bienvenus.

Nous vous invitons à consulter le texte de cadrage afin de nourrir la discussion sur notre thème annuel, « Dissidence et Dissidents », et de réfléchir aux liens avec vos recherches en vue d’une éventuelle présentation au cours de l’année à venir.

Au programme de cette troisième séance, deux présentations seront proposées :

– Gwennaëlle Cariou : « Musées et dissidences : des musées noirs aux culture wars. »

Si les musées peuvent être considérés comme des sites institutionnels fondés par des souverains, puis par des gouvernements nationaux entre le XVIIIe et le XXe siècles, ils sont aussi des sites de dissidence et de controverse. En effet, les musées noirs aux Etats-Unis, fondés à partir des années 1960, avaient pour but de renverser la manière dont les Africains-Américains étaient représentées. Certains musées ont d’ailleurs été à la pointe de nouveaux types de muséographies comme l’Anacostia Museum à Washington D.C. Plusieurs expositions dans les musées américains vont également susciter la controverse dans le cadre de ce que l’on a défini sous le terme de « culture wars » (par exemple Harlem on My Mind dès 1969, The Perfect Moment en 1989, Enola Gay en 1995). Le musée peut être compris comme un espace de dissidence remettant en cause la représentation de l’histoire dominante et offrant un espace de présentation d’œuvres controversées (les photographies de Robert Mapplethorpe ou Piss Christ d’Andres Serrano).

2) Mathilde Bertrand : « La photographie radicale en Grande-Bretagne dans les années soixante-dix, affirmation d’une dissidence politique. »

A partir de la fin des années soixante, le statut de la photographie en Grande-Bretagne connaît une forte évolution. Alors que la photographie constitue le matériau essentiel de la presse illustrée, la revendication d’une reconnaissance artistique du médium conduit à des formes d’institutionnalisation (création de galeries spécialisées, financements publics arbitrés par l’Arts Council of Great Britain, expositions et politique de conservation d’archives). Pourtant, le processus a ses détracteurs chez une génération de jeunes photographes pour qui la photographie doit devenir un médium radicalement indépendant : indépendant et critique par rapport à la sphère commerciale de la presse illustrée, mais également par rapport à une institutionnalisation artistique du médium qui reconduit une conception élitiste de l’art, selon les critères et canons dominants. L’apparition de magazines de photographie et de galeries indépendants, la recherche de pratique alternatives concevant la photographie comme un outil de changement social, l’émergence d’une théorie critique sur l’image photographique sont les signes d’une volonté de mise en œuvre d’une photographie dissidente, radicalement politique. Les perspectives ouvertes par cette approche participent aux débats contemporains sur la problématique de l’hégémonie culturelle.

Nous pourrons ensuite nous retrouver de manière plus informelle autour d’un verre au Boul’Mich’ ou ailleurs !

En espérant vous voir nombreuses et nombreux et avons hâte de vous rencontrer ou de vous retrouver mercredi.

2ème séance (2014-2015) : la dissidence religieuse

Image de gauche : caricature de George Cruikshank portant la légende : « The Age of Reason; or, the World turned Topsy-turvy exemplified in Tom Paine’s Works! ».
Image de droite :  photographie du Républicain Steve Largeant.

C’est avec grand plaisir que nous vous convions à la deuxième séance de l’Atelier de Recherche sur les Espaces Anglophones (AREA) : nous nous retrouverons le mercredi 17 décembre de 18h à 20h en salle S001 (rez-de-chaussée) de la Maison de la Recherche (28 rue Serpente, 75006 Paris, Métro Odéon, Saint-Michel ou Cluny).

Cet atelier est l’occasion de présenter ses recherches dans un cadre convivial et d’évoquer ensemble les différentes questions que pose l’écriture d’une thèse en études anglophones. Il est ouvert aux doctorants et post-docs de toutes les disciplines. Les étudiants de Master 2 sont également les bienvenus.

Nous vous invitons à consulter le texte de cadrage afin de nourrir la discussion sur notre thème annuel, « Dissidence et Dissidents », et de réfléchir aux liens avec vos recherches en vue d’une éventuelle présentation au cours de l’année à venir.

Au programme de cette deuxième séance, deux présentations sur le thème de la dissidence religieuse :

– « From religious dissidence to protestant common sense: the biopolitics of social, sexual and political control in antebellum America », Auréliane Narvaez (Université Paris-Sorbonne). Ses travaux portent sur les dynamiques de sécularisation dans la Jeune République et plus spécifiquement sur le scepticisme religieux et les phénomènes d’itinérance spirituelle dans l’Amérique antebellum.

– « Dissidence et Parti Républicain : étude du cas de Steve Largeant », Elizabeth Levy (Université Paris-Diderot) Pour plus d’informations sur sa thèse, nous vous invitons à consulter cette page : http://www.theses.fr/s46167

La séance sera suivie d’un potluck de Noël !

Nous espérons vous voir nombreux et avons hâte de vous rencontrer ou de vous retrouver mercredi.

1ère séance (2014-2015) : introduction et présentations

AREA

La première séance de l’Atelier de Recherche en Etudes Américaines (AREA), à l’attention des doctorants, post-docs et étudiants de master, aura lieu le jeudi 27 novembre de 18h à 20h en salle D313 de la Maison de la Recherche (28 rue Serpente, 75006 Paris, Métro Odéon, Saint-Michel ou Cluny).

Nous vous invitons d’ores et déjà à consulter le texte de cadrage afin de nourrir la discussion sur notre thème annuel, « Dissidence et Dissidents », et de réfléchir aux liens avec votre sujet de thèse en vue d’une éventuelle présentation au cours de l’année à venir.

Au programme de cette première séance :

– Présentation générale du groupe, du thème de l’année et du bureau,

– Présentation des différents participants et discussion autour des attentes de chacun,

– Réflexion sur le thème et sur le texte de cadrage.

Thanksgiving oblige, la séance sera suivie d’un potluck dans les couloirs de la Maison de la Recherche pour mieux faire connaissance !

Ce séminaire est l’occasion de présenter ses recherches dans un cadre convivial et il est ouvert aux doctorants de toutes les disciplines.

Nous espérons vous voir nombreuses et nombreux et avons hâte de vous rencontrer ou de vous retrouver jeudi !

Thème 2014-2015 : texte de cadrage

Barbara Jones-Hogu, Unite, 1971

Dissidence et dissidents

De la Boston Tea Party de 1773 au mouvement contemporain Occupy Wall Street, en passant par la sécession des Etats du Sud ou encore les mouvements pour les droits civiques des années 1960 et les manifestations contre la guerre du Viêt-Nam, nombreux sont les évènements ayant jalonné l’histoire des États-Unis qui peuvent s’apparenter à des actes de dissidence. Comme le suggère l’étymologie du terme latin dissideo (de sedeo : être placé, et dis, « particule marquant la division, la séparation, la distinction », source Gaffiot), la dissidence semble présupposer un déplacement centrifuge, une prise de distance, une déviance, un écart, voire une rupture envers une norme de conduite ou de pensée.

Acte positif d’affirmation d’une singularité, d’une identité, d’une divergence d’opinion ou de pensée, la dissidence est également un acte négatif de rejet envers certains déterminismes normatifs et prescriptifs perçus comme contestables. La dissidence naitrait ainsi de cette ambivalence entre d’une part la négation d’une norme et d’autre part l’affirmation, la revendication d’alternatives.

Pays de normes, prescripteur de codes et de valeurs qui, dans l’espace des relations internationales, impose son statut de pouvoir économique et de soft power dominant, les Etats-Unis n’en sont pas moins un territoire où résonnent de manière récurrente les voix de la contestation. La naissance de la nation américaine est à ce titre précisément un acte de dissidence vis-à-vis de la métropole coloniale, qui met au premier plan la question du passage à l’actedissident. Le rapport à la dissidence demeure toujours ambigu dans l’histoire américaine, tantôt revendiqué, tantôt refoulé selon la conjoncture politique et les groupes au pouvoir. Action potentiellement libératrice et démocratique, l’action dissidente porte toutefois en elle une menace toujours possible à la stabilité et à la légitimité de tout gouvernement institué. A quel genre d’action mène la dissidence : action politique – c’est-à-dire restant dans le cadre des lois et des institutions – ou extra-politique – cherchant une solution en dehors du pacte politique (anarchisme, communisme, violence) ? Est-il possible d’intégrer la dissidence au processus politique ou toute dissidence mène-t-elle inévitablement au disfonctionnement politique et au séparatisme ? Comment et par quels processus l’acte dissident devient-il assimilé à la norme ?

Le travail de dissidence et d’assimilation peut se faire par d’autres moyens, culturels et idéologiques notamment. On pense ici à l’historiographie et aux histoires politisées qui émergent à partir des 1960. Celles-ci opèrent un double mouvement, à la fois de dissidence et d’intégration. Pour nombre des histoires qui ont vu le jour à cette période, il s’agissait en effet de réclamer une existence pour les histoires dissidentes (ou minoritaires) occultées par le discours historique consensuel, et en même temps de les faire accepter par la communauté scientifique, façonnant ainsi progressivement un nouveau consensus permettant d’éclairer plus fidèlement les nouveaux codes de la société actuelle. On pense par exemple à l’émergence de la Nouvelle Histoire et aux historiens de la Nouvelle Gauche (New Social History) dont l’ambition est de donner un passé aux bouleversements sociaux qui se produisent à ce moment-là aux Etats-Unis.

De fait, la notion de minorité est sous-jacente dans presque toute réflexion sur la dissidence. Qu’il s’agisse des Afro-Américains, des Hispaniques, des membres de la communauté LGBT, ou encore des femmes, l’histoire des groupes sociaux dits minoritaires aux Etats-Unis a souvent été parsemée d’actes de dissidence divers. Des noms comme Martin Luther King, Angela Davis, Harvey Milk, ou encore Elizabeth Cady Stanton résonnent encore très fortement dans l’histoire de la dissidence américaine. D’autres figures, peut-être moins connues, mériteraient bien entendu d’être évoquées lors de futures séances. Il sera également intéressant de s’interroger sur une potentielle figure du dissident. Les dissidents partagent-ils certaines caractéristiques communes ou la variété des époques, des contextes, des domaines, des caractères et des origines sociales rend-t-elle impossible un quelconque regroupement ? A partir de quand devient-on dissident et pourquoi ?

Il faudra toutefois se garder d’idéaliser la dissidence, en évitant de la considérer comme un phénomène nécessairement progressiste. En effet, la dissidence ne saurait être dissociée de ses manifestations plus réactionnaires et conservatrices. On pense notamment aux mouvements créationnistes, fondamentalistes, libertariens ou encore populistes comme le Tea Party, dont l’avènement au cours des cinq dernières années témoigne d’une réappropriation de la dissidence, traditionnellement associée depuis les années 1960 aux mouvements de la gauche progressiste.

Bien sûr, ces quelques pistes de réflexion seront amenées à être raffinées à mesure des contributions que nous espérons nombreuses, mais elles peuvent déjà orienter notre appréhension du thème choisi pour l’année.

L’équipe d’AREA – Elisabeth Koechlin, Sarah Leboime, Isabelle Montin, Auréliane Narvaez et Duncan Thom